Grue couronnée

Balearica pavonina

Équipe éditoriale d'Avilumen ·

Grue couronnée
Photo : Rigelus · CC BY-SA 4.0

La Grue couronnée est une espèce de grands échassiers gruiformes de la famille des Gruidae, répandue dans le Sahel.

La Grue couronnée (Balearica pavonina) est une espèce de grands échassiers gruiformes de la famille des Gruidae, répandue dans le Sahel.

Comme la Grue royale (Balearica regulorum), c'est un grand oiseau reconnaissable à sa couronne de plumes dorées au sommet de la tête. Ses joues sont couvertes d'une portion de peau nue, rouge en bas et blanche en haut.

Elle vit dans tout le Sahel, des hauts plateaux éthiopiens jusqu'à la côte atlantique, à proximité de zones humides. Elle compte deux sous-espèces séparées au niveau du Tchad : B. p. pavonina, répandue à l'ouest, et B. p. ceciliae, répandue à l'est.

Elle n'est pas migratrice, mais effectue des mouvements saisonniers. Des colonies se rassemblent en saison sèche, puis se dispersent en saison humide, qui coïncide avec la reproduction. Elle niche dans des zones humides, sur un nid surélevé et dissimulé par la végétation, et pond entre deux et cinq œufs.

Cette espèce est considérée comme vulnérable. Les principales menaces qui pèsent sur elle sont la destruction de son habitat causée par l'agriculture, la pression humaine et la désertification, ainsi que le braconnage. La Grue couronnée est victime de captures illégales afin d'être vendue comme oiseau d'ornement, et parfois exportée à l'international. À cause de ces différentes menaces, sa population a chuté depuis les années 1970, particulièrement en Afrique de l'Ouest.

Elle est un symbole culturel dans plusieurs pays africains, et elle est également l'oiseau national du Nigeria.

Morphologie et plumage

La Grue couronnée mesure 100 à 105 cm, pour une envergure comprise entre 180 et 200 cm et un poids entre 3 et 4 kg.

Elle a de petits sacs gulaires sous le bec. Ses joues sont couvertes d'une portion de peau nue, rouge en bas et blanche en haut. Chez la sous-espèce B. pavonina ceciliae, la portion rouge occupe une plus grande partie de la joue. L'iris est bleu ou gris pâle.

Voix

Ses chants comprennent des cacardements doux et bas.

Espèces ressemblantes

La Grue couronnée ressemble à la Grue royale, qui a des dimensions similaires ainsi qu'une couronne de plumes dorées au sommet de la tête. Mais la Grue couronnée a le cou très sombre, presque noir, des sacs gulaires très petits, et sa joue est rouge dans la partie inférieure. À l'inverse, la Grue royale a le cou gris clair, de grands sacs gulaires et la joue blanche dans sa partie inférieure.

Aire de répartition

La Grue couronnée vit dans des zones discontinues le long du Sahel, des hauts plateaux abyssins et le nord de la vallée du Grand Rift jusqu'au bassin du fleuve Sénégal et la côte atlantique. Elle est présente naturellement au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, en Gambie, au Ghana, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Kenya, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal, au Soudan, au Soudan du Sud et en Ouganda. Il est possible qu'elle ait disparu du Nigeria, où elle vivait anciennement. Elle est présente de façon sporadique dans plusieurs autres pays d'Afrique.

La sous-espèce B. pavonina pavonina est répandue à l'ouest de l'aire de répartition, du Sénégal au Tchad. En 2024, le Tchad compte à lui seul environ 20 000 à 25 000 individus. Ailleurs, les principales populations de la sous-espèce se situent dans le delta du Sénégal, les régions côtières du sud du Sénégal, le parc national de Waza et le lac Fitri. La sous-espèce B. pavonina ceciliae, à l'est, est particulièrement nombreuse dans le Sudd, un vaste marais situé au Soudan du Sud, ainsi que dans la région de Gambela et au lac Tana en Éthiopie. La limite géographique entre les deux sous-espèces n'est pas définie avec précision, mais elle semble être située au centre du Tchad, à l'est du lac Fitri.

Habitat

La Grue couronnée a besoin d'un mélange de zones sèches et de zones humides, comme des savanes inondables. Elle fréquente les principales zones humides de la région sahélienne : on la trouve dans les deltas du Sénégal et du Niger, près du lac Tchad et du lac Tana, et dans le Sudd. Elle est plus dépendante des habitats humides que la Grue royale. Elle est la seule espèce de Grue, avec la Grue royale, à pouvoir se percher dans les arbres. Des dortoirs peuvent se former dans des Acacias ou d'autres arbres, voire sur des pylones.

Elle n'est pas migratrice, mais certaines populations effectuent des mouvements saisonniers. Elles se rassemblent en colonies à la saison sèche, puis elles se déplacent vers des zones humides alimentées par la saison des pluies afin de se reproduire. En dehors de la période de reproduction, de grandes colonies peuvent se former dans les terres agricoles, notamment dans des champs de riz. Contrairement à la Grue royale, elle semble se nourrir de restes de récoltes plutôt que de jeunes pousses, et ne constitue donc pas une menace pour les récoltes.

Alimentation

La Grue couronnée a un régime omnivore et généraliste. Elle se nourrit notamment de graines, de racines, de céréales cultivées et de pousses d'herbe, ainsi que de petits animaux, comme des vers, des amphibiens, des mollusques, des crustacés et des insectes (mouches, sauterelles). Selon une étude de 2003, son régime est constitué de 45% de céréales cultivées, 25% de plantes, 18% d'invertébrés et 12% de petits vertébrés.

Elle creuse rarement et picore plutôt sa nourriture en surface. Elle fait parfois trembler le sol, probablement pour en faire sortir ses proies, et elle profite souvent de la présence de bétail pour trouver des invertébrés en plus grande abondance.

Reproduction

La Grue couronnée est une espèce monogame et territoriale en période de reproduction. Elle défend un territoire d'environ 0,5 à 1 km2. Les deux parents prennent part à la protection du nid. En l'absence de la femelle, le mâle se perche généralement dans un arbre pour émettre un cri d'alarme en cas de danger.

La période de reproduction est mal connue et très variable. En Afrique de l'Ouest, elle coïnciderait avec la saison humide, globalement entre septembre et janvier. Au Sénégal le pic de reproduction a lieu entre juillet et septembre, jusqu'à octobre en Mauritanie. En Éthiopie, le pic aurait lieu entre août et décembre.

Le nid est une plateforme circulaire constituée d'herbes et de brindilles, située parmi une végétation dense à proximité directe d'une zone humide, souvent assez inaccessible. Il peut être réutilisé d'une année sur l'autre. Parmi les essences les plus souvent présentes autour des nids, on trouve Echinochloa stagnina, ainsi que différentes espèces de Sporobolus et de Cyperus utilisées pour fabriquer le nid. Comme la Grue royale, elle pond généralement 2 à 5 œufs, qui sont couvés pendant 28 à 31 jours. Les jeunes prennent leur envol entre 60 et 100 jours. Des variations régionales semblent exister : dans la région de Casamance, au sud du Sénégal, la femelle pond en moyenne 3 œufs qui sont couvés pendant 22 à 25 jours, et les petits prennent leur envol entre 35 et 40 jours.

Peu après l'éclosion, les gruaux se cachent dans la végétation et commencent rapidement suivre leur parents à la recherche de nourriture. Il arrive que les parents dissimulent eux-mêmes leurs petits pour partir dans des champs de céréales éloignés. Le mâle et la femelle participent au nourrissage.

La maturité sexuelle est atteinte vers 4 ou 5 ans.

Effectifs et tendance démographique

En 2024, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estimait la population de Grues couronnées entre 44 000 et 74 000 individus matures. Ses effectifs ont drastiquement baissé dans certains pays : au Mali, sa population a chuté de 7 000 à 8 000 individus en 1985 à moins de 500 en 2007 ; au Burkina Faso, elle est passé d'environ 1 500 dans les années 1970 à moins de 50 en 2004 ; l'espèce s'est raréfiée au Ghana, et elle a probablement disparu du Nigeria alors qu'elle y était très répandue avant les années 1990. Elle était commune au Sierra Leone avant les années 1930, mais n'y a pas été vue depuis. Elle y est considérée comme localement éteinte.

Alors qu'elle était répandue dans une vaste zone recouvrant au moins 27 pays dans les années 1960, sa population occidentale est devenue très fragmentée en petits groupes épars. Le déclin de la population occidentale semble être stabilisé depuis les années 1990, et des colonies inconnues jusqu'alors ont été découvertes en Éthiopie et au Tchad dans les années 2000.

Menaces

La Grue couronnée est inscrite sur la Liste rouge de l'UICN en tant qu'espèce vulnérable depuis 2010, sous le critère A2bcd. Elle était auparavant considérée comme une espèce de préoccupation mineure, avant de passer à quasi menacée en 2004. Dans les années 1990 et 2000, la situation de la sous-espèce pavonina était considérée comme la plus préoccupante, à cause du déclin majeur dans certaines zones. La sous-espèce ceciliae, à l'est, a souffert des guerres au Soudan du Sud et est menacée par les projets de transformation des marais du Sudd, comme le canal de Jonglei. En 2024, l'UICN estime que sa population a connu un déclin rapide durant les 36 dernières années, soit environ trois générations. Ce déclin est principalement dû à la dégradation et la destruction de son habitat, ainsi qu'au braconnage et aux dérangements sur les sites de reproduction. Bien qu'elle soit protégée légalement dans la majorité des pays où elle est présente, ces protections sont souvent inefficaces.

#### Dégradation de son habitat

En Afrique de l'ouest, l'espèce est impactée par la pression humaine. Son habitat est surtout menacé par la dégradation et la surexploitation des zones humides pour l'agriculture. Le drainage agricole cause l'assèchement des zones humides, le surpâturage détériore la végétation et l'usage de produits phytosanitaires cause une bioaccumulation de substances toxiques dans l'organisme des Grues. Les sécheresses et la désertification menacent également certaines zones où l'espèce vit. La construction de barrages, souvent vus comme de grands projets de développement économique et industriel, perturbent durablement des zones humides dont l'espèce dépend. Le déboisement cause la disparition de lieux de rassemblement pour les colonies, qui ne peuvent plus se percher dans les arbres.

#### Chasse, braconnage et marché noir

La Grue couronnée est victime de menaces directes comme la chasse de subsistance, la collecte des œufs, le dérangement des nids, les feux de brousse, le braconnage et la domestication. Elle est sensible à la présence d'humains à proximité de son nid, et passe en conséquence plus de temps à surveiller les intrus et moins à s'occuper de ses petits, ce qui impacte négativement son succès reproducteur.

La capture illégale de spécimens vivants pour les revendre sur des marchés locaux ou internationaux, afin d'alimenter la demande en oiseaux d'ornement en Afrique de l'ouest, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou en Europe, est une menace sévère pour l'espèce. Selon une étude de 2007, 90% des Grues capturées meurent avant d'atteindre leur destination, et le reste meurt prématurément en captivité. Malgré son inscription à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), la Grue couronnée est toujours braconnée, et la majorité des spécimens capturés sont destinés au marché noir et à l'export à l'international.

La consommation de sa chair n'est pas répandue partout. C'est un tabou en Casamance et dans certaines régions du Burkina Faso, et elle n'est pas considérée comme comestible au Soudan, bien que des Grues y aient été chassées en temps de famine. Des parties du corps de Grues couronnées sont également utilisées dans la médecine traditionnelle de certaines régions, notamment au Nigeria.

Mesures de conservation

La Grue couronnée est inscrite à l'Annexe I de la CITES et bénéficie de mesures de protection dans la plupart des pays où elle est présente. Elle est recensée dans plusieurs types d'aires protégées, dont des parcs nationaux, des sites Ramsar et des réserves.

En 1992, une réintroduction de Grues couronnées a eu lieu au Nigeria, à titre expérimental, pour pallier le déclin de la sous-espèce pavonina.

Un premier groupe de travail international pour la conservation de l'espèce est initié en 1992. En 1999, l'International Crane Foundation et Wetlands International débutent le Programme de conservation des Grues couronnées (Black Crowned Crane Programme), qui vise à déterminer les lieux clés où mener des opérations de conservation. Ce programme réunit des écologues de 21 pays d'Afrique, afin de mener une étude aussi complète que possible de la population de Grues couronnées, dont les résultats sont présentés lors du dixième Congrès panafricain d'ornithologie en août 2000.

Classification

La Grue couronnée est décrite par Carl von Linné en 1758, dans la dixième édition du Systema naturae, sous le nom Ardea pavonina. L'ornithologue écossais Peter Chalmers Mitchell décrit en 1904 l'espèce Balearica ceciliae, aujourd'hui considérée comme une sous-espèce, d'après des spécimens originaires de Khartoum et maintenus en captivité dans la ménagerie personnelle de Lady William Cecil.

Sous-espèces

Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.2, 2026), la Grue couronnée est représentée par 2 sous-espèces (ordre phylogénétique) :

Balearica pavonina ceciliae Mitchell, PC, 1904 – sud-ouest du Tchad à l'ouest de l'Éthiopie et le nord-ouest du Kenya, et nord de l'Ouganda ;

Balearica pavonina pavonina (Linnaeus, 1758) – Sénégal et Gambie jusqu'au Tchad.

Elle appartient à la famille des Gruidae et au genre Balearica.

Texte adapté de Wikipedia · CC BY-SA 4.0

Où il vit

Couleurs du plumage

Taxonomie

Famille
Gruidae
Genre
Balearica
Statut de conservation
Vulnérable

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  • Illustration Aquarelle : Balearica pavonina (Grue couronnée)
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Illustrations d'après la photographie de Rigelus (CC BY-SA 4.0), sur Wikimedia Commons.

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Questions fréquentes

Quel est le statut de conservation de Balearica pavonina (Grue couronnée) ?
La Liste rouge de l’UICN classe Balearica pavonina, dont le nom courant est Grue couronnée, dans la catégorie « Vulnérable ». « Vulnérable » signifie qu’elle court un risque élevé d’extinction à moyen terme.
Où vit Balearica pavonina (Grue couronnée) ?
Balearica pavonina (Grue couronnée) se rencontre dans les régions suivantes : Afrique.
À quelle famille appartient Balearica pavonina (Grue couronnée) ?
Balearica pavonina (Grue couronnée) appartient à la famille des Gruidae, dans l’ordre des Gruiformes.
De quelle couleur est Balearica pavonina (Grue couronnée) ?
Le plumage de Balearica pavonina (Grue couronnée) associe les couleurs suivantes : Noir.

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