Grue moine

Grus monacha

Équipe éditoriale d'Avilumen ·

Grue moine
Photo : Christoph Moning (christoph_moning) · CC BY 4.0

La Grue moine est une espèce d'oiseaux Gruiformes de la famille des Gruidae. Elle se reproduit principalement à l'est de la Russie et migre en Chine, en Corée et au Japon.

La Grue moine (Grus monacha) est une espèce d'oiseaux Gruiformes de la famille des Gruidae. Elle se reproduit principalement à l'est de la Russie et migre en Chine, en Corée et au Japon.

C'est un oiseau au plumage globalement gris ardoise, sauf la tête qui est blanche avec une portion de peau rouge à l'avant. Sa migration lui fait parcourir plusieurs milliers de kilomètres, de l'est de la Russie, autour de la Léna et de l'Amour, jusqu'à la Chine, la péninsule coréenne et le Japon. L'île de Kyūshū, au sud du Japon, accueille 80 % de la population mondiale en hiver.

Discrète et silencieuse durant la reproduction, la Grue moine niche dans des zones humides où elle peut se cacher dans la végétation. Elle construit un nid en plateforme constitué de végétaux et de tourbe agglomérés, puis donne naissance à un ou deux petits.

Durant l'hiver, les Grues moines se rassemblent en colonies à proximité de rizières, de prairies et de vasières. Elles y cherchent leur nourriture en petits groupes familiaux, qui comptent les parents et leurs petits, ou en groupes plus importants. Elles sont omnivores et se nourrissent de céréales, de baies, de plantes aquatiques, de petits amphibiens ou de larves.

Le nombre de Grues moines a augmenté de plusieurs milliers d'individus depuis les années 1990, notamment grâce au nourrissage artificiel des deux principales colonies hivernantes, à Izumi et dans la baie de Suncheon. Elles restent néanmoins vulnérables à la dégradation de leur habitat, aux dérangements et à la grippe aviaire.

La Grue moine est très proche génétiquement de la Grue à cou noir (Grus nigricollis), qui vit sur le plateau tibétain. Elle s'hybride parfois avec la Grue cendrée (Grus grus).

Dimensions et plumage

La Grue moine est un grand oiseau au plumage majoritairement gris ardoise. Ses rémiges primaires et secondaires, sa queue et ses plumes de couverture sont noires. Seule la tête est blanche, avec une zone de peau nue et rouge à l'avant, partiellement couverte de fines plumes noires au-dessus du bec. L'œil est couleur noisette ou brun avec des reflets jaunâtres, et entouré de paupières couleur corne, comme le bec. Les pattes sont gris noir. Elle est très légèrement plus petite que la Grue cendrée (Grus grus) et généralement d'un gris plus sombre, mais elle s'en distingue surtout par sa tête blanche. C'est l'une des plus petites Grues, avec la Grue demoiselle (Grus virgo).

Les juvéniles, pendant leur première année, ont des plumes noires et blanches sur le sommet de la tête, et des plumes brunâtres sur la tête et le cou.

Il n'y a pas de dimorphisme sexuel, bien que le mâle soit en moyenne légèrement plus lourd (3,9 kg contre 3,5 kg pour la femelle). L'aile pliée mesure environ 50 cm, la queue 15 à 20 cm, les tarses 21 à 22 cm et le culmen (ligne supérieure du bec) 10 à 11 cm.

Voix

Comme chez la plupart des Grues, la trachée de la Grue moine est enroulée dans son sternum, ce qui lui permet d'émettre un son trompettant qui ressemble beaucoup à celui de la Grue cendrée.

Répartition et habitat

La Grue moine est un oiseau migrateur, qui se reproduit majoritairement dans l'est de la Russie et passe l'hiver en Chine et au sud du Japon et de la péninsule coréenne. Au cours de sa migration, elle peut parcourir près de 3 000 km, en volant à une vitesse atteignant 108,9 km/h et à une altitude maximale de 2 440 m au-dessus du niveau de la mer. Bien que la Grue moine occupe des zones humides, surtout en période de reproduction, elle y est moins attachée que d'autres espèces plus aquatiques, comme la Grue de Sibérie (Leucogeranus leucogeranus), la Grue du Japon (Grus japonensis) et la Grue à cou blanc (Antigone vipio). Son habitat hivernal est varié et comprend également des prairies et des terres agricoles.

Aire de reproduction

La quasi-totalité des Grues moines se reproduit à l'est de la Russie, dans une zone ininterrompue entre le plateau de Sibérie centrale, en Iakoutie, et les monts Sikhote-Aline, à l'extrême-est du pays. Les principales zones de reproduction se trouvent dans les bassins de fleuves ou de rivières : la Léna, l'Amour, le Viliouï, l'Aldan, et autour de cours d'eau de moindre envergure comme la Samarga et la Bikine. Deux petites populations se reproduisent au nord-est de la Chine : l'une dans le Petit Khingan, autour de la rivière Oussouri, l'autre à proximité des lacs Hulun et Buir en Mongolie-Intérieure. Elle se reproduit peut-être également en Transbaïkalie, près du lac Baïkal, et en Mongolie, mais aucun nid n'y a été étudié. La majorité de son aire de reproduction est couverte par le pergélisol.

Quelques individus non reproducteurs passent l'été en Transbaïkalie, dans l'oblast de l'Amour, en Bouriatie, en Mongolie et dans la région chinoise de Mongolie-Intérieure.

Aire d'hivernage

Lors de la migration automnale, de grands groupes de Grues moines font halte dans la réserve Muraviovka, dans l'oblast de l'Amour, pendant environ un mois et demi. D'autres populations de taille variable font halte chaque année dans différentes zones humides de Chine, comme le lac Poyang, l'île Chongming, le lac Dongting et dans la province de Hubei, ainsi que dans la péninsule coréenne, notamment en Corée du Nord.

La plupart des Grues continuent ensuite leur migration par la péninsule coréenne, en longeant la côte ouest ou le Nakdong, pour rejoindre Kyūshū, une île du sud du Japon. Près de 80 % de la population mondiale hiverne sur l'île, principalement près d'Izumi. Certaines années, jusqu'à 15 000 individus peuvent s'y rassembler, dans une petite zone d'à peine plus d'un kilomètre carré. Quelques individus hivernent également autour de Shūnan et Isahaya. La baie de Suncheon, en Corée du Sud, accueille une colonie de plus en plus importante (entre 1 000 et 1 700 individus, voire plusieurs milliers), qui bénéficie de nourrissages artificiels.

Une autre route migratoire, moins empruntée, suit la baie de Bohai pour rejoindre les sites d'hivernage chinois. En Chine, l'espèce hiverne surtout à l'ouest du Yangtsé. Le lac Shengjin est la principale zone d'hivernage de l'espèce dans le pays, avec quelques centaines d'individus.

De jeunes individus erratiques sont parfois observés aux Philippines, au Pakistan et à Taïwan. En 2020, une jeune Grue moine est observée en Alaska, parmi une colonie de Grues du Canada qu'elle aurait suivies en migration.

Comportement en hivernage

Durant les migrations et en hiver, les Grues moines se rassemblent en colonies plus ou moins grandes, dont la taille est influencée par la disponibilité en nourriture et la fréquence des dérangements. Leur comportement est assez semblable à celui des autres Grues : la journée est occupée par la recherche de nourriture, puis les oiseaux rejoignent leur dortoir le soir, à la tombée de la nuit ou peu avant. Dans les dortoirs, les individus restent légèrement écartés les uns des autres, probablement afin de pouvoir s'envoler facilement. En journée, les Grues moines se rassemblent en petits groupes familiaux comptant les parents et un ou deux gruaux, ou bien en groupes plus importants comptant plusieurs familles.

Une étude menée sur la population hivernale du lac Shengjin a montré que les Grues moines y fréquentent principalement les rizières adjacentes, les vasières et les marais. Elles y passent la majorité de leur temps à rechercher leur nourriture, avec des pics d'activité en milieu de matinée et dans l'après-midi, et une pause entre 12 h et 14 h durant laquelle elles passent plus de temps à se reposer et se toiletter.

D'autres espèces peuvent être présentes sur ses aires de rassemblement, comme l'Oie des moissons (Anser fabalis), l'Oie rieuse (Anser albifrons) et l'Oie naine (Anser erythropus), avec lesquelles la grue peut entrer en compétition. Elle rencontre d'autres espèces de Grues sur ses aires d'hivernage, notamment la Grue à cou blanc (Antigone vipio), dont 40 % de la population mondiale hiverne à Izumi, et elle s'associe souvent à la Grue cendrée (Grus grus) lors de ses migrations.

Alimentation

En période de reproduction, la Grue moine cherche principalement sa nourriture dans des rizières et dans des prairies. Elle est omnivore et se nourrit entre autres de baies (canneberges, myrtilles des marais) et d'autres plantes, d'amphibiens (Bombina bombina, Salamandrella keyserlingii, Fejervarya limnocharis, Hynobiidae) et de larves de moustiques. La présence d'eau lui est nécessaire pour se nourrir et nourrir ses petits. En hiver, elle se nourrit principalement de céréales qu'elle glane dans des champs, comme du riz, du blé et de l'orge, et également de plantes aquatiques (Vallisneria, Potamogeton) dans des vasières. Sa fréquentation des terrains agricoles résulte de l'adaptation de l'espèce aux nourrissages artificiels et à la réduction de son habitat naturel.

Dans les zones où les dérangements sont fréquents comme les rizières ou les abords de villages, les Grues passent plus de temps à surveiller les alentours, ce qui réduit le temps passé à se nourrir. Dans les groupes familiaux, les parents sont très attentifs à leur environnement pendant que leurs petits se nourrissent, et passent donc moins de temps que les jeunes à se nourrir. La taille des groupes et leur dispersion sont variables selon la période et la disponibilité en nourriture. Par exemple, les Grues moines fréquentent principalement les rizières au début de l'hiver, puis à mesure que les ressources y diminuent et que le travail agricole commence, elles se déplacent vers les prairies.

#### Formation des couples

La maturité sexuelle est probablement atteinte à partir de trois ans, voire plus tard. La période de reproduction s'étend d'avril à mai. Au début de cette période, les couples émettent des chants à l'unisson, qui sont des chants synchronisés entre les deux partenaires, accompagnés de danses et de postures spécifiques. En général, le mâle émet un chant disyllabique, auquel la femelle répond par un chant long suivi d'un chant court.

#### Construction du nid et incubation

La Grue moine est discrète en période de reproduction. Son plumage lui permet de se camoufler parmi les jeunes bouleaux et mélèzes (mélèze de Sibérie et mélèze de Dahurie) qui entourent les marais où elle niche. Son habitat en période de reproduction est surtout constitué de zones humides reculées dans la taïga ou dans des vallées montagneuses. Elle choisit principalement des marais en zones forestières, avec un sol gelé une partie de l'année et des îlots. La dégradation de son habitat l'impacte moins que d'autres espèces, comme la Grue du Japon ou la Grue à cou blanc, car elle se reproduit dans des zones isolées et impropres à l'agriculture.

Le nid est une plateforme constituée de végétaux. La base est généralement un amas de sphaignes, de morceaux de tourbe et de rhizomes de carex, sur laquelle les Grues rajoutent des tiges et des feuilles de carex et des branches de bouleaux, parfois de mélèzes. Paul A. Johnsgard décrit un nid d'environ 20 cm de haut, un diamètre à la base entre 75 et 80 cm et au sommet de 40 à 45 cm. Lors d'une étude comparative menée en Chine, les nids observés étaient tous entourés d'eau (des petits cours d'eau saisonniers ou des petites mares) et situés sur des hummocks de pergélisol. Une certaine profondeur de l'eau autour des nids pourrait les protéger de mammifères potentiellement prédateurs, comme le Sanglier (Sus scrofa) et le Chevreuil d'Asie (Capreolus pygargus). La végétation environnante utilisée pour leur construction comprenait de la Spirée à feuilles de saule (Spiraea salicifolia), des morceaux de bouleau (Betula ovalifolia) et de mélèze, et des plantes herbacées (Carex schmidtii, Calamagrostis angustifolia). Il est possible que les couples réutilisent le même nid d'une année à l'autre, bien que durant l'étude menée en Chine, aucun nid n'ait été réutilisé.

Les parents restent très silencieux durant l'incubation, y compris en cas de dérangement, auquel ils réagissent en s'éloignant à travers la végétation ou en volant à plusieurs centaines de mètres. La ponte a lieu entre fin avril et début mai. La nichée compte généralement deux œufs qui pèsent entre 149,6 et 159,4 g. Ils sont couvés pendant 27 à 30 jours par les deux parents, principalement par la femelle au début, puis le mâle y passe plus de temps la semaine qui précède l'éclosion.

#### Développement du gruau

Il faut 24 heures au gruau pour éclore, entre les premiers pépiements à travers sa coquille et son éclosion complète. Il pèse en moyenne 89,3 g à l'éclosion. Avant même l'éclosion, le gruau émet son premier son, un pépiement vibrant qui exprime la détresse. Un nouveau pépiement apparaît à l'âge d'un jour ou deux, plus fort et répété en rythme. Il subsiste durant toute la première année de vie. À l'âge de trois jours, le premier gruau à avoir éclos (qui est aussi le plus lourd) peut s'éloigner d'environ 20 mètres du nid. Le mâle s'en occupe, pendant que le second gruau reste au nid avec la femelle. À partir de leur cinquième jour, les gruaux peuvent suivre leurs parents sur 250 mètres, puis au bout d'une semaine ils peuvent parcourir près de deux kilomètres. La famille s'installe alors dans des zones humides à l'écart du nid. Les jeunes prennent leur envol au bout de 75 jours.

#### Hybridation avec la Grue cendrée

La Grue moine s'hybride quelquefois avec la Grue cendrée (Grus grus) qui partage une partie de son aire de reproduction, notamment autour de la rivière Viliouï. La première observation documentée d'un couple hybride remonte à 1865. Quelques couples interspécifiques sont observés chaque année en Russie et à Izumi.

Effectifs et tendance démographique

Texte adapté de Wikipedia · CC BY-SA 4.0

Couleurs du plumage

Répartition

Carte de répartition de Grus monacha
Carte de Olga007 · Public domain

Taxonomie

Famille
Gruidae
Genre
Grus
Statut de conservation
Vulnérable

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Les illustrations du pack

Grue moine, Aquarelle
Aquarelle
Grue moine, Planche ancienne
Planche ancienne
Grue moine, Encre
Encre
Grue moine, Huile
Huile
Grue moine, Réaliste
Réaliste
Grue moine, Crayon de couleur
Crayon de couleur

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Questions fréquentes

Quel est le statut de conservation de Grus monacha (Grue moine) ?
La Liste rouge de l’UICN classe Grus monacha, dont le nom courant est Grue moine, dans la catégorie « Vulnérable ». « Vulnérable » signifie qu’elle court un risque élevé d’extinction à moyen terme.
À quelle famille appartient Grus monacha (Grue moine) ?
Grus monacha (Grue moine) appartient à la famille des Gruidae, dans l’ordre des Gruiformes.
De quelle couleur est Grus monacha (Grue moine) ?
Le plumage de Grus monacha (Grue moine) associe les couleurs suivantes : Gris et Blanc.

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